le Chant de la Licorne
le Chant de la Licorne┃origine du livre┃l'auteur
Être amant de ma licorne oblige à l'accomplissement de ma force, car sa grandeur et sa beauté sont telles qu'un rapprochement intime ne pourrait se faire sans la propre puissance de mon assise. Au début, lorsque je l'ai retrouvé en cette existence, cette proximité entre nos coeurs faisait vivre en moi le sentiment de l'enfant qui admire sa mère et plonge en l'étreinte de sa douce protection. Cela a signé le commencement de la quête de mes retrouvailles avec moi-même. J'avais alors bien besoin de m'abandonner à ses gracieux sabots, et elle m'a merveilleusement étreint, avec une certaine distance toutefois car elle ne voulait pas me voir pleurer, ce qui arrivait assurément si elle se rapprochait trop de moi. Mais une licorne, c'est un soleil, son aura bénit à quinze mètres à la ronde, alors quand on est près au point de la toucher, c'est si fort... Si intensément doux, lumineux, souriant.

Oui, j'aime ma licorne, comme si nous avions échangé nos coeurs à l'aube de ma quête humaine, mais au delà de cet amour, ma licorne est aussi ma sagesse. Je suis sauvage. Sauvage, solitaire, et rebelle. Ma sagesse naturelle est simplement la contemplation, la confiance et l'émerveillement face à la beauté. Pourtant, au dedans de moi, brille mon don, le don de moi-même à la lumière du monde, et en prenant ce chemin, j'ai trouvé ma licorne. Alors, comme un merveilleux couple touchant la profondeur du sens de l'union, j'ai trouvé en elle ce qui me manquait, la sagesse, la sagesse et l'amour, mais la sagesse est amour.

Nous pouvons demander la sagesse. Au plus haut, si nous le souhaitons vraiment. Oh, pas à Dieu lui-même, parce que Lui, il est tout et déjà là. Il est l'homme en même temps qu'il est la femme. C'est lui que nous touchons à caresser notre chevelure, ou la main d'un ami, ou le sol qui nous porte, ou la pluie qui vient mouiller notre visage. Mais les serviteurs de l'infini sont là, et il n'y a nulle barrière entre eux et nous, nulle barrière si ce ne sont celles que nous avons nous-mêmes bâties. Lorsque j'ai regardé ma licorne, j'ai compris que Dieu existait...




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